Rencontre rayonnante

6 mai 2010

Brigitte Poulin, pianiste, parle avec flamme de la musique qu’elle partage avec son groupe Transmission. Noémie Pascal et Pierre Saint-Amand l’ont rencontrée entre deux spectres de lumière…

Transmission: Trancouleurs sera présenté à la Salle Tanna Schulich le 28 mai prochain. On y entendra entre autres le célèbre …Sifflement des vents porteurs de l’amour… de Gilles Tremblay.


Il y a un an, elle disait…

3 mai 2010

Saviez-vous que Levées, le premier quatuor de saxophone de Gilles Tremblay, fut créé l’an dernier à l’occasion du concert d’ouverture du Festival MNM 2009? Ce concert, intitulé Quasar cent voix en l’air! présentait aussi des oeuvres de Jean-François Laporte, Morritz Eggert et Luciano Berio.

Juste avant le festival, Marie-Chantal Leclair, du quatuor Quasar, nous parlait de ce concert dans une entrevue avec Noémie Pascal :

N’oubliez-pas que Levées sera joué mercredi à la Chapelle-historique-du-Bon-Pasteur!


Sons nuages d’un océan à l’autre

29 avril 2010

À 77 ans, Gilles Tremblay en connaît des choses (surtout en matière de musique!), mais il continue de nous surprendre avec son esprit d’éternel explorateur! C’est justement son approche pleine de fraîcheur et de curiosité qui a marqué Marie-Chantal Leclair quand elle l’a contacté pour lui demander d’écrire une œuvre pour le quatuor de saxophones, Quasar. « J’étais un peu intimidée de lui demander cette œuvre, me confie-t-elle, mais je me disais qu’il fallait que Gilles Tremblay écrive au moins un quatuor de saxophones afin d’enrichir notre répertoire. Ça fait partie de notre mandat de développer le répertoire. Même s’il n’avait jamais écrit pour saxophone, il a tout de suite été très enthousiaste et intéressé par ce nouveau projet et a voulu nous rencontrer pour expérimenter avec nous les sonorités propres à notre instrument. Le saxophone baryton l’a particulièrement intrigué et Gilles Tremblay a même baptisé une nouvelle technique sonore « sons nuages ». En fait, cette technique spéciale permet de créer des harmoniques graves pendant qu’on joue des notes aigues – l’auditeur perçoit donc deux sons en même temps et cela crée une matière sonore proche des sons multiples mais d’une texture plus fine et très douce, d’où le son nuage… Maintenant, on ne peut pas parler de « sons nuages » sans penser à Gilles Tremblay! »

En janvier 2010, Quasar part en tournée pancanadienne et Levées, le fameux nouveau quatuor de Tremblay, est joué d’un océan à l’autre, de Victoria à St-John’s. « C’est vraiment un privilège de pouvoir jouer une œuvre plusieurs fois en concert, de dire Marie-Chantal. Ça nous permet d’approfondir la pièce, de vraiment se la mettre sous la peau. On atteint un niveau de souplesse musicale entre nous qui permet à l’œuvre d’évoluer significativement avec le temps et le recul. »

Et savez-vous quoi? Ça tombe bien pour nous car Montréal sera la « cerise sur le sunday »; le dernier concert de la tournée sera présenté mercredi prochain à la Chapelle historique du Bon-Pasteur.  À ne pas manquer!

Vidéo de Levées jouée par Quasar à St-John’s (Terre-Neuve) le 3 avril 2010


Quelques mots de la Ligue canadienne des compositeurs

28 avril 2010

texte soumis par Maxime McKinley

Monument national généralement reconnu comme étant le plus grand compositeur vivant au Québec, Gilles Tremblay est, de surcroît, un pédagogue au lègue immense, un penseur raffiné, un homme d’une profonde spiritualité, ainsi qu’un citoyen exemplaire. Un homme porteur d’une telle contribution à la collectivité québécoise, canadienne et internationale mérite tous les honneurs, et la Ligue canadienne des compositeurs, représentant plus de 300 compositeurs à travers le Canada, souhaite profiter du caractère exceptionnel de la série Hommage que lui consacre la Société de musique contemporaine du Québec pour saluer l’apport exceptionnel de ce compositeur.

L’esthétique de Gilles Tremblay, homme de modernité et d’ouverture d’esprit, s’est nourrie des principales recherches musicales du XXe siècle. Il a fréquenté le GRM et la musique concrète de Pierre Schaeffer; tissé des liens avec des contemporains tels que Gilbert Amy, Pierre Boulez, John Cage, François-Bernard Mâche, Karlheinz Stockhausen, Iannis Xenakis; exploré à fond la notion de mobile musical, sous l’influence notamment de Earle Brown. Ses deux grands maîtres furent Édgard Varèse, qu’il alla rencontrer à New-York, retenant de ce voyage une sensibilité aiguë à la nature intrinsèque du son, et Olivier Messiaen, qui fut pour lui un père spirituel, tant  sur le plan musical que sur ceux du rapport à la nature et des valeurs de la foi chrétienne. Citoyen du monde, musicien curieux de découvrir l’Autre, Gilles Tremblay a beaucoup voyagé, s’imprégnant ainsi de diverses cultures, tout particulièrement de Bali. Si Tremblay fut très actif sur le plan international, l’homme natif d’Arvida est toujours resté profondément attaché au Québec. Frère d’un peintre, lui-même peintre dans sa jeunesse, ami de Fernand Ouellet et de nombreux autres littérateurs et intellectuels de la Révolution tranquille, la musique de Tremblay s’inscrit dans le tissu social d’un Québec assoiffé de développements artistiques depuis ce passionnant big bang culturel que fut Refus Global.

Si Gilles Tremblay est un compositeur très représentatif de l’esprit de la Révolution tranquille, il s’en éloigne toutefois sur un point important : celui de la foi chrétienne. En effet, toute l’œuvre de Gilles Tremblay surgit de sa foi en un Dieu Créateur et de son amour de la nature. Le lien entre Dieu, la nature et l’art est pour lui la création, au sens métaphysique, voire mystique, du terme : l’Élan créateur de la Vie. Gilles Tremblay a ainsi œuvré à libérer, dans un esprit de fête, la création musicale de carcans parfois artificiels et stériles pour laisser surgir l’infinie richesse des possibles sonores. La musique de Gilles Tremblay est ainsi une foisonnante célébration de la Vie et de ses complexes ramifications, de l’Élan vital. Parmi les œuvres importantes de son catalogue, mentionnons Fleuves (pour grand orchestre, 1976), Les Vêpres de la Vierge (pour chœur, vents, orgue et contrebasse, 1986), L’arbre de Borobudur (pour gamelan, ondes, deux cors, deux harpes, deux percussions, contrebasse, 1994), et son très récent « opéra-féerie » créé par Chants Libres : L’eau qui danse, la pomme qui chante et l’oiseau qui dit la vérité (2009), sur un livret de Pierre Morency.

Une part considérable de la contribution de Gilles Tremblay à la collectivité fut son enseignement au Conservatoire de musique de Montréal, échelonné sur quatre décennies, des années 1960 jusqu’à la fin des années 1990. Rares sont les compositeurs québécois de plus de quarante ans n’ayant pas bénéficié des classes de composition et d’analyse de Gilles Tremblay. Mentionnons, parmi d’autres, Claude Vivier, Walter Boudreau, Michel Gonneville, Michel-Georges Brégent, Raynald Arsenault, Serge Provost, Jean Lesage, Isabelle Panneton, Serge Arcuri, Marc Hyland et Pierre Klanac. Plusieurs interprètes de renom ont également été marqués par ses classes d’analyse, dont le pianiste Louis-Philippe Pelletier, la chef d’orchestre et directrice artistique de l’Ensemble contemporain de Montréal+ Véronique Lacroix, et le baryton Vincent Ranallo. Gilles Tremblay a ainsi installé au Conservatoire de musique de Montréal une tradition d’enseignement découlant du style pédagogique d’Olivier Messiaen : un enseignement mêlant rigueur et libertés individuelles, chaleur des rapports humains et précision dans les exigences de la formation musicale, favorisant les dialogues féconds, souvent fraternels, sur la musique en particulier et le monde en général.

Enfin, nous jugeons important de mentionner que Gilles Tremblay, en tant que personnalité publique, est un citoyen exemplaire. Sensible à la dignité humaine et à la fragile beauté de la nature, Gilles Tremblay ne craint ni la place publique ni les débats pour exprimer ses idées sur de nombreux sujets artistiques, sociaux, politiques, éthiques et religieux. La présence de Gilles Tremblay dans la sphère sociale contribue ainsi à élever la qualité de l’espace qu’occupent l’art et le monde de l’esprit dans notre collectivité, et participe à l’aspiration d’un monde où, pour paraphraser Sœur Emmanuelle, l’Homme serait fier de l’Homme.

La Ligue canadienne des compositeurs (LCC) sert les intérêts des compositeurs de musique d’art au Canada. Par son travail de représentation, de diffusion de l’information et ses partenariats, la LCC prend la défense et vise le développement d’un environnement artistique, social, politique et économique favorable à ses membres et à leurs oeuvres. Gilles Tremblay compte parmi les pionniers, les inventeurs de la musique que nous défendons. Voilà pourquoi nous avons souhaité rendre hommage, par ces quelques mots, à ce grand compositeur doublé d’un humaniste inspirant pour tous, tout particulièrement dans le contexte d’une saison 2009-2010 qui, grâce au dynamisme de la Société de musique contemporaine du Québec, le fait briller de tous ses feux !

La Ligue canadienne des compositeurs, février 2010


Les Vêpres sur Espace classique

26 avril 2010

Dès aujourd’hui, Espace Classique diffuse gratuitement l’enregistrement du concert « Les Vêpres de la Vierge »
sur son site. Cette oeuvre grandiose de Gilles Tremblay fut présentée le 15 avril dernier avec l’Ensemble de la SMCQ et le SMAM à l’Église de l’Immaculée Conception. Plus de détails sur le site. Bonne écoute!


Quelques mots de sagesse pour terminer

21 avril 2010


Croissant?

20 avril 2010

Ouf! Après cette belle semaine de fou, point culminant regroupant Grand jeu / Grande écoute, hommage à Gilles Tremblay à l’Assemblée nationale et concert bénéfice de la SMCQ Les Vêpres de la Vierge, la saison Tremblay se poursuit toujours. Cette semaine, c’est au tour du Quatuor Bozzini d’interpréter notre héros national. Justement, Isabelle Bozzini, la violoncelliste, est en répétition toute la journée, mais prend gentiment quelques minutes de sa pause pour me parler un peu de « Croissant ». Non, quand même pas de pâtisseries de petit-déjeuner – comme le pensaient certains musiciens non-francophones – mais bien Croissant, la seule pièce pour quatuor à cordes de Gilles Tremblay. Elle me dit que ce titre évoque le motif musical qui grandit et se développe tout au long de l’œuvre, d’où son nom. « Ce que j’aime le plus dans cette pièce, me dit-elle, c’est son côté ludique. À un certain moment, les interprètes doivent se répondre, réagir aux autres de manière quasi-improvisée, entre autres, dans la partie dite du « vol de guêpe »». Encore une autre musicienne qui s’amuse avec la musique de Tremblay!

Isabelle Bozzini connaît Gilles Tremblay depuis bien longtemps. En fait, elle me dit que c’est le premier compositeur vivant et actif dont elle ait entendu parler, quand un de ses amis d’enfance lui racontait ses aventures à l’École Buissonnière, école primaire à vocation artistique fondée par Jacqueline Tremblay, épouse de Gilles. Elle ne connaissait personne d’autre à ce moment qui exerçait le métier de compositeur et ça l’a intriguée. « Plus tard, j’ai suivi ses cours d’analyse au Conservatoire. Il n’était jamais trop sec ou cérébral comme professeur. C’est vraiment son approche poétique de l’art, très personnelle, que j’ai appréciée. »

Le Quatuor Bozzini interprétera Croissant au Salon des compositeurs aujourd’hui et vendredi.