Dans les méandres du cyberespace…

7 juin 2010

Dans les méandres du cyberespace, nous avons trouvé un forum de discussion créé en avril dernier par le musicologue Sylvain Caron et ayant pour titre: « Quelle est la contribution de Gilles Tremblay à l’avènement d’une modernité musicale au Québec? » Plusieurs étudiants répondent de manière fort intéressante… ici.

Et vous, qu’en pensez-vous?

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« Fleuves », création en eaux tumultueuses

25 mai 2010

En regardant la programmation de la journée d’étude Gilles Tremblay de la SQRM, je remarque plusieurs grands noms parmi les intervenants, des sujets très intéressants, mais un titre pique particulièrement ma curiosité : « Polémique autour de Fleuves » par Sébastien Leblanc-Proulx, étudiant au premier cycle. Qu’est-ce que c’est que ça? En cette année hommage à Gilles Tremblay, où le milieu musical se rassemble pour reconnaître et honorer le compositeur, les témoignages élogieux à son égard se multiplient et il est facile d’oublier que le parcours de l’artiste n’a pas toujours été parsemé que de louanges… Serait-il possible que Gilles Tremblay ait dérangé par ses œuvres ou suscité la controverse? Sébastien Leblanc-Proulx nous rappelle que l’épisode de la création de Fleuves avait fait des remous…

Au téléphone, il me raconte que Fleuves devait être créé par l’Orchestre symphonique de Montréal le 11 mai 1976, mais que le chef, Rafael Frühbeck de Burgos, décide d’annuler la représentation cinq jours avant ladite date, sous prétexte de n’avoir « pas eu assez de temps pour pratiquer la pièce ». Dans le contexte tumultueux de l’époque – année des Jeux olympiques à Montréal, première élection du Parti québécois au pouvoir, mouvement de révolution tranquille – cette décision suscite l’indignation du milieu francophone qui la reçoit comme un « soufflet » aux artistes québécois. Les lettres ouvertes dans les journaux fusent et même le premier ministre Robert Bourrassa en sera informé suite à une intervention de Maryvonne Kendergi!

Ce sera finalement Serge Garant qui créera cette première œuvre de Tremblay jouée par l’Orchestre symphonique de Montréal un an plus tard. Mais encore une fois, ça ne se produit pas sans remous… Comme l’œuvre nouvelle est placée à la fin du concert, la moitié du public disparaît à l’entracte, visiblement peu intéressé, et la dernière note de Fleuves est couronnée d’un désormais célèbre « GARBAGE! » lancé dans l’assistance (et encore bien audible dans l’enregistrement de Radio-Canada!) suivi d’une vague de protestation et d’applaudissements qui durent plus de cinq minutes, sans compter les discussions vives après le concert. On qualifiera même l’événement d’un « Sacre du Printemps québécois »!

Pour plus de détails et d’autres conférences bien prometteuses, assistez gratuitement à la journée d’étude Gilles Tremblay de la SQRM, demain, de 13h à 18h, à la salle Serge-Garant (B-484) de la Faculté de musique de l’Université de Montréal.

Mentionnons aussi que Fleuves sera interprété par l’Orchestre du Conservatoire jeudi à Montréal, vendredi à Val d’Or, et dimanche à Québec.


En parlant de Xenakis…

20 mai 2010

Dans le prochain concert de la saison, Transcouleurs, le groupe Transmission interprétera « le sifflement des vents » de Gilles Tremblay, ainsi que des oeuvres de compositeurs français (ou néo-français), dont plusieurs que Gilles Tremblay connaissait personnellement. Charisma, de Iannis Xenakis sera interprété entre autres ce soir-là. Voyons ce que Gilles Tremblay racontait de son expérience avec l’homme et sa musique dans cette entrevue avec Hughes Gerhards…

Hughes Gerhards – Dans quelles circonstances avez-vous connu Xenakis pour la première fois? De quelle(s) œuvre(s) s’agissait-il? Qu’avez-vous ressenti et pensé à la lecture et à l’analyse de la première partition de lui que vous avez eue en main?

Gilles Tremblay – C’est lors d’une audition sur bande, chez Robert Francès, que j’ai eu l’occasion, peu après sa création, d’entendre Metastasis. Dès le début, j’ai eu l’impression qu’il venait de se passer quelque chose d’important en musique. Nous nous étions cependant déjà rencontrés auparavant à quelques reprises. J’étais alors tout jeune étudiant, élève de Messiaen. Mais c’est surtout au Groupe de recherches musicales, dirigé par Pierre Schaeffer que notre véritable rencontre se fit, où nos conversations furent les plus passionnantes. Xenakis a le don d’être un excellent vulgarisateur, et de pouvoir communiquer l’essentiel de ses idées de façon fort simple. Un jour, il me fit entendre le grésillement d’un charbon de bois en combustion. Ce fut l’occasion d’une longue conversation à la fois poétique et scientifique autour d’un phénomène concret de musique statistique à densité variable, l’initiation à tout un esprit, à des techniques également qui sont encore loin d’être assimilées aujourd’hui, car malheureusement on saisit toujours davantage l’apparence et la surface des choses, que leur essence.

H. G. – Qu’estimez-vous que la fréquentation de l’œuvre de Xenakis, dans sa multiplicité et sa diversité, ait pu vous apporter?

G.T. – Toute la musique qu’on entend transforme. Dans ce qu’on entend, il y a le sonore, mais il y a aussi ce qui est derrière le sonore, la démarche. C’est elle qui me stimule et m’interroge le plus ici. Car par tempérament je suis attiré par un matériau beaucoup plus harmonique (dans un sens large englobant Pythagore, Rameau, et Varèse…). S’il y a apport, échange, chocs, ils sont de ce fait à l’abri de la surface des choses. À un niveau plus sonore, j’aime la poésie qui se dégage des mouvements de masse, en une sorte de bouillonnement collectif, ainsi que l’aspect incantatoire de certaines œuvres.

H. G. – Qu’en est-il pour vous, aujourd’hui, de ses diverses compositions électro-acoustiques?

G.T. – En général, j’ai beaucoup d’admiration pour les œuvres où Xenakis utilise cette technique. Une œuvre comme Bohor, pour ne citer que celle-ci, marque en profondeur. Plus récemment Xenakis a travaillé à partir de dessins aux formes extraordinaires transformées en sons par l’ordinateur. Le jeu est fascinant. On pourrait théoriquement dessiner n’importe quelle forme, elle serait « traduite » automatiquement sur le plan sonore. Cependant le passage de l’espace au temps (musical) me semble extrêmement boiteux, source de confusion. Pour la bonne raison que dans le temps, l’espace ne se perçoit pas de cette manière.

Quand je vois une montagne, il ne me vient pas à l’esprit de la regarder comme à travers une pente de gauche à droite. Je la perçois globalement et de façon instantanée. La durée m’en dévoilera pour ainsi dire son existence rayonnante, comme à travers des influx successifs. De la même façon, une fleur, lue de gauche à droite donnera peut-être une curiosité sonore, mais elle sera complètement étrangère à la perception réelle que l’œil révélera, en un rayonnement par éclosion à partir du centre, rythmé par les intensités de ses couleurs et par sa forme. Là encore la perception est globale et instantanée, et c’est ainsi qu’elle entre dans la durée, et non pas à travers une lecture unidirectionnelle d’abscisses et d’ordonnées.

J’ai déjà fait part à Xenakis de cette critique. Il m’a répondu, très gentiment d’ailleurs, que je ne comprenais pas. Je pense quant à moi que la question demeure et qu’elle est suffisamment importante pour qu’on essaie de l’élucider. Le jeu proposé me paraît trop simple et partiel par rapport à la perception réelle qui me semble infiniment plus complexe et globale.

(Extraits de propos recueillis par Hugues Gerhards, décembre 1980)

En coll. Regards sur Iannis Xenakis, Paris, Stock Musique, 1981, p. 113-119.

Merci à Marie-Thérèse Lefebvre qui a rassemblé ces entrevues.


Portrait de Tremblay sur Espace classique

11 mai 2010

Pour ceux qui ne l’on pas déjà vu, je vous rappelle qu’un  magnifique portrait de Gilles Tremblay est offert sur le site d’Espace classique. Dans ce reportage créé en avril 2002 par Jean-Paul Bataille, Gilles Tremblay nous parle du rôle de l’artiste, de sa musique et de la création aujourd’hui, le tout, accompagné de photos d’archives.

Quelques citations:

« Le rôle de l’artiste, c’est de lutter contre la banalisation à outrance »

« L’art est une des manifestations les plus significatives à notre époque »


Sons nuages d’un océan à l’autre

29 avril 2010

À 77 ans, Gilles Tremblay en connaît des choses (surtout en matière de musique!), mais il continue de nous surprendre avec son esprit d’éternel explorateur! C’est justement son approche pleine de fraîcheur et de curiosité qui a marqué Marie-Chantal Leclair quand elle l’a contacté pour lui demander d’écrire une œuvre pour le quatuor de saxophones, Quasar. « J’étais un peu intimidée de lui demander cette œuvre, me confie-t-elle, mais je me disais qu’il fallait que Gilles Tremblay écrive au moins un quatuor de saxophones afin d’enrichir notre répertoire. Ça fait partie de notre mandat de développer le répertoire. Même s’il n’avait jamais écrit pour saxophone, il a tout de suite été très enthousiaste et intéressé par ce nouveau projet et a voulu nous rencontrer pour expérimenter avec nous les sonorités propres à notre instrument. Le saxophone baryton l’a particulièrement intrigué et Gilles Tremblay a même baptisé une nouvelle technique sonore « sons nuages ». En fait, cette technique spéciale permet de créer des harmoniques graves pendant qu’on joue des notes aigues – l’auditeur perçoit donc deux sons en même temps et cela crée une matière sonore proche des sons multiples mais d’une texture plus fine et très douce, d’où le son nuage… Maintenant, on ne peut pas parler de « sons nuages » sans penser à Gilles Tremblay! »

En janvier 2010, Quasar part en tournée pancanadienne et Levées, le fameux nouveau quatuor de Tremblay, est joué d’un océan à l’autre, de Victoria à St-John’s. « C’est vraiment un privilège de pouvoir jouer une œuvre plusieurs fois en concert, de dire Marie-Chantal. Ça nous permet d’approfondir la pièce, de vraiment se la mettre sous la peau. On atteint un niveau de souplesse musicale entre nous qui permet à l’œuvre d’évoluer significativement avec le temps et le recul. »

Et savez-vous quoi? Ça tombe bien pour nous car Montréal sera la « cerise sur le sunday »; le dernier concert de la tournée sera présenté mercredi prochain à la Chapelle historique du Bon-Pasteur.  À ne pas manquer!

Vidéo de Levées jouée par Quasar à St-John’s (Terre-Neuve) le 3 avril 2010


Quelques mots de la Ligue canadienne des compositeurs

28 avril 2010

texte soumis par Maxime McKinley

Monument national généralement reconnu comme étant le plus grand compositeur vivant au Québec, Gilles Tremblay est, de surcroît, un pédagogue au lègue immense, un penseur raffiné, un homme d’une profonde spiritualité, ainsi qu’un citoyen exemplaire. Un homme porteur d’une telle contribution à la collectivité québécoise, canadienne et internationale mérite tous les honneurs, et la Ligue canadienne des compositeurs, représentant plus de 300 compositeurs à travers le Canada, souhaite profiter du caractère exceptionnel de la série Hommage que lui consacre la Société de musique contemporaine du Québec pour saluer l’apport exceptionnel de ce compositeur.

L’esthétique de Gilles Tremblay, homme de modernité et d’ouverture d’esprit, s’est nourrie des principales recherches musicales du XXe siècle. Il a fréquenté le GRM et la musique concrète de Pierre Schaeffer; tissé des liens avec des contemporains tels que Gilbert Amy, Pierre Boulez, John Cage, François-Bernard Mâche, Karlheinz Stockhausen, Iannis Xenakis; exploré à fond la notion de mobile musical, sous l’influence notamment de Earle Brown. Ses deux grands maîtres furent Édgard Varèse, qu’il alla rencontrer à New-York, retenant de ce voyage une sensibilité aiguë à la nature intrinsèque du son, et Olivier Messiaen, qui fut pour lui un père spirituel, tant  sur le plan musical que sur ceux du rapport à la nature et des valeurs de la foi chrétienne. Citoyen du monde, musicien curieux de découvrir l’Autre, Gilles Tremblay a beaucoup voyagé, s’imprégnant ainsi de diverses cultures, tout particulièrement de Bali. Si Tremblay fut très actif sur le plan international, l’homme natif d’Arvida est toujours resté profondément attaché au Québec. Frère d’un peintre, lui-même peintre dans sa jeunesse, ami de Fernand Ouellet et de nombreux autres littérateurs et intellectuels de la Révolution tranquille, la musique de Tremblay s’inscrit dans le tissu social d’un Québec assoiffé de développements artistiques depuis ce passionnant big bang culturel que fut Refus Global.

Si Gilles Tremblay est un compositeur très représentatif de l’esprit de la Révolution tranquille, il s’en éloigne toutefois sur un point important : celui de la foi chrétienne. En effet, toute l’œuvre de Gilles Tremblay surgit de sa foi en un Dieu Créateur et de son amour de la nature. Le lien entre Dieu, la nature et l’art est pour lui la création, au sens métaphysique, voire mystique, du terme : l’Élan créateur de la Vie. Gilles Tremblay a ainsi œuvré à libérer, dans un esprit de fête, la création musicale de carcans parfois artificiels et stériles pour laisser surgir l’infinie richesse des possibles sonores. La musique de Gilles Tremblay est ainsi une foisonnante célébration de la Vie et de ses complexes ramifications, de l’Élan vital. Parmi les œuvres importantes de son catalogue, mentionnons Fleuves (pour grand orchestre, 1976), Les Vêpres de la Vierge (pour chœur, vents, orgue et contrebasse, 1986), L’arbre de Borobudur (pour gamelan, ondes, deux cors, deux harpes, deux percussions, contrebasse, 1994), et son très récent « opéra-féerie » créé par Chants Libres : L’eau qui danse, la pomme qui chante et l’oiseau qui dit la vérité (2009), sur un livret de Pierre Morency.

Une part considérable de la contribution de Gilles Tremblay à la collectivité fut son enseignement au Conservatoire de musique de Montréal, échelonné sur quatre décennies, des années 1960 jusqu’à la fin des années 1990. Rares sont les compositeurs québécois de plus de quarante ans n’ayant pas bénéficié des classes de composition et d’analyse de Gilles Tremblay. Mentionnons, parmi d’autres, Claude Vivier, Walter Boudreau, Michel Gonneville, Michel-Georges Brégent, Raynald Arsenault, Serge Provost, Jean Lesage, Isabelle Panneton, Serge Arcuri, Marc Hyland et Pierre Klanac. Plusieurs interprètes de renom ont également été marqués par ses classes d’analyse, dont le pianiste Louis-Philippe Pelletier, la chef d’orchestre et directrice artistique de l’Ensemble contemporain de Montréal+ Véronique Lacroix, et le baryton Vincent Ranallo. Gilles Tremblay a ainsi installé au Conservatoire de musique de Montréal une tradition d’enseignement découlant du style pédagogique d’Olivier Messiaen : un enseignement mêlant rigueur et libertés individuelles, chaleur des rapports humains et précision dans les exigences de la formation musicale, favorisant les dialogues féconds, souvent fraternels, sur la musique en particulier et le monde en général.

Enfin, nous jugeons important de mentionner que Gilles Tremblay, en tant que personnalité publique, est un citoyen exemplaire. Sensible à la dignité humaine et à la fragile beauté de la nature, Gilles Tremblay ne craint ni la place publique ni les débats pour exprimer ses idées sur de nombreux sujets artistiques, sociaux, politiques, éthiques et religieux. La présence de Gilles Tremblay dans la sphère sociale contribue ainsi à élever la qualité de l’espace qu’occupent l’art et le monde de l’esprit dans notre collectivité, et participe à l’aspiration d’un monde où, pour paraphraser Sœur Emmanuelle, l’Homme serait fier de l’Homme.

La Ligue canadienne des compositeurs (LCC) sert les intérêts des compositeurs de musique d’art au Canada. Par son travail de représentation, de diffusion de l’information et ses partenariats, la LCC prend la défense et vise le développement d’un environnement artistique, social, politique et économique favorable à ses membres et à leurs oeuvres. Gilles Tremblay compte parmi les pionniers, les inventeurs de la musique que nous défendons. Voilà pourquoi nous avons souhaité rendre hommage, par ces quelques mots, à ce grand compositeur doublé d’un humaniste inspirant pour tous, tout particulièrement dans le contexte d’une saison 2009-2010 qui, grâce au dynamisme de la Société de musique contemporaine du Québec, le fait briller de tous ses feux !

La Ligue canadienne des compositeurs, février 2010


Croissant?

20 avril 2010

Ouf! Après cette belle semaine de fou, point culminant regroupant Grand jeu / Grande écoute, hommage à Gilles Tremblay à l’Assemblée nationale et concert bénéfice de la SMCQ Les Vêpres de la Vierge, la saison Tremblay se poursuit toujours. Cette semaine, c’est au tour du Quatuor Bozzini d’interpréter notre héros national. Justement, Isabelle Bozzini, la violoncelliste, est en répétition toute la journée, mais prend gentiment quelques minutes de sa pause pour me parler un peu de « Croissant ». Non, quand même pas de pâtisseries de petit-déjeuner – comme le pensaient certains musiciens non-francophones – mais bien Croissant, la seule pièce pour quatuor à cordes de Gilles Tremblay. Elle me dit que ce titre évoque le motif musical qui grandit et se développe tout au long de l’œuvre, d’où son nom. « Ce que j’aime le plus dans cette pièce, me dit-elle, c’est son côté ludique. À un certain moment, les interprètes doivent se répondre, réagir aux autres de manière quasi-improvisée, entre autres, dans la partie dite du « vol de guêpe »». Encore une autre musicienne qui s’amuse avec la musique de Tremblay!

Isabelle Bozzini connaît Gilles Tremblay depuis bien longtemps. En fait, elle me dit que c’est le premier compositeur vivant et actif dont elle ait entendu parler, quand un de ses amis d’enfance lui racontait ses aventures à l’École Buissonnière, école primaire à vocation artistique fondée par Jacqueline Tremblay, épouse de Gilles. Elle ne connaissait personne d’autre à ce moment qui exerçait le métier de compositeur et ça l’a intriguée. « Plus tard, j’ai suivi ses cours d’analyse au Conservatoire. Il n’était jamais trop sec ou cérébral comme professeur. C’est vraiment son approche poétique de l’art, très personnelle, que j’ai appréciée. »

Le Quatuor Bozzini interprétera Croissant au Salon des compositeurs aujourd’hui et vendredi.