Le blogue hommage tire sa révérence

28 juin 2010

Et oui, l’année hommage tire déjà à sa fin et ce blogue aussi, du fait même! Depuis septembre dernier, quelque 40 000 personnes ont assisté à un concert ou à un événement autour de Gilles Tremblay, 14 215 enfants ont participé au Grand jeu / Grande écoute et nous avons compté près de 3 000 visites sur le blogue! C’est dire que Gilles Tremblay et sa musique suscitent l’enthousiasme du milieu!

Merci à tous les interprètes, musicologues, compositeurs, enfants, professeurs et mélomanes passionnés qui ont participé au blogue – c’est vous qui avez fait de cet espace un hommage vibrant et particulièrement personnel à notre grand compositeur.

Rendez-vous en février prochain, sur le nouveau blogue qui sera créé à l’occasion du Festival Montréal / Nouvelles Musiques 2011… et bonnes vacances!


Dans les méandres du cyberespace…

7 juin 2010

Dans les méandres du cyberespace, nous avons trouvé un forum de discussion créé en avril dernier par le musicologue Sylvain Caron et ayant pour titre: « Quelle est la contribution de Gilles Tremblay à l’avènement d’une modernité musicale au Québec? » Plusieurs étudiants répondent de manière fort intéressante… ici.

Et vous, qu’en pensez-vous?


Symphonie du millénaire, 10 ans plus tard

2 juin 2010

Il y a dix ans, Gilles Tremblay se joignait à 18 autres compositeurs pour créer la Symphonie du millénaire. D’après une idée originale de Walter Boudreau, cette oeuvre colossale réunissait 333 musiciens et 2000 carillonneurs à l’Oratoire Saint-Joseph pour fêter l’événement en grand (et c’est bien peu dire!). Demain, Gilbert Patenaude et les Petits chanteurs du Mont-Royal interpréteront quelques extraits de la musique que Gilles Tremblay avait écrite pour eux pour l’occasion, et Walter Boudreau nous racontera ses souvenirs de la grande aventure.

Rendez-vous à la Grande bibliothèque, demain, dès 19h.

Quelques extraits sonores en attendant…


« Fleuves », création en eaux tumultueuses

25 mai 2010

En regardant la programmation de la journée d’étude Gilles Tremblay de la SQRM, je remarque plusieurs grands noms parmi les intervenants, des sujets très intéressants, mais un titre pique particulièrement ma curiosité : « Polémique autour de Fleuves » par Sébastien Leblanc-Proulx, étudiant au premier cycle. Qu’est-ce que c’est que ça? En cette année hommage à Gilles Tremblay, où le milieu musical se rassemble pour reconnaître et honorer le compositeur, les témoignages élogieux à son égard se multiplient et il est facile d’oublier que le parcours de l’artiste n’a pas toujours été parsemé que de louanges… Serait-il possible que Gilles Tremblay ait dérangé par ses œuvres ou suscité la controverse? Sébastien Leblanc-Proulx nous rappelle que l’épisode de la création de Fleuves avait fait des remous…

Au téléphone, il me raconte que Fleuves devait être créé par l’Orchestre symphonique de Montréal le 11 mai 1976, mais que le chef, Rafael Frühbeck de Burgos, décide d’annuler la représentation cinq jours avant ladite date, sous prétexte de n’avoir « pas eu assez de temps pour pratiquer la pièce ». Dans le contexte tumultueux de l’époque – année des Jeux olympiques à Montréal, première élection du Parti québécois au pouvoir, mouvement de révolution tranquille – cette décision suscite l’indignation du milieu francophone qui la reçoit comme un « soufflet » aux artistes québécois. Les lettres ouvertes dans les journaux fusent et même le premier ministre Robert Bourrassa en sera informé suite à une intervention de Maryvonne Kendergi!

Ce sera finalement Serge Garant qui créera cette première œuvre de Tremblay jouée par l’Orchestre symphonique de Montréal un an plus tard. Mais encore une fois, ça ne se produit pas sans remous… Comme l’œuvre nouvelle est placée à la fin du concert, la moitié du public disparaît à l’entracte, visiblement peu intéressé, et la dernière note de Fleuves est couronnée d’un désormais célèbre « GARBAGE! » lancé dans l’assistance (et encore bien audible dans l’enregistrement de Radio-Canada!) suivi d’une vague de protestation et d’applaudissements qui durent plus de cinq minutes, sans compter les discussions vives après le concert. On qualifiera même l’événement d’un « Sacre du Printemps québécois »!

Pour plus de détails et d’autres conférences bien prometteuses, assistez gratuitement à la journée d’étude Gilles Tremblay de la SQRM, demain, de 13h à 18h, à la salle Serge-Garant (B-484) de la Faculté de musique de l’Université de Montréal.

Mentionnons aussi que Fleuves sera interprété par l’Orchestre du Conservatoire jeudi à Montréal, vendredi à Val d’Or, et dimanche à Québec.


En parlant de Xenakis…

20 mai 2010

Dans le prochain concert de la saison, Transcouleurs, le groupe Transmission interprétera « le sifflement des vents » de Gilles Tremblay, ainsi que des oeuvres de compositeurs français (ou néo-français), dont plusieurs que Gilles Tremblay connaissait personnellement. Charisma, de Iannis Xenakis sera interprété entre autres ce soir-là. Voyons ce que Gilles Tremblay racontait de son expérience avec l’homme et sa musique dans cette entrevue avec Hughes Gerhards…

Hughes Gerhards – Dans quelles circonstances avez-vous connu Xenakis pour la première fois? De quelle(s) œuvre(s) s’agissait-il? Qu’avez-vous ressenti et pensé à la lecture et à l’analyse de la première partition de lui que vous avez eue en main?

Gilles Tremblay – C’est lors d’une audition sur bande, chez Robert Francès, que j’ai eu l’occasion, peu après sa création, d’entendre Metastasis. Dès le début, j’ai eu l’impression qu’il venait de se passer quelque chose d’important en musique. Nous nous étions cependant déjà rencontrés auparavant à quelques reprises. J’étais alors tout jeune étudiant, élève de Messiaen. Mais c’est surtout au Groupe de recherches musicales, dirigé par Pierre Schaeffer que notre véritable rencontre se fit, où nos conversations furent les plus passionnantes. Xenakis a le don d’être un excellent vulgarisateur, et de pouvoir communiquer l’essentiel de ses idées de façon fort simple. Un jour, il me fit entendre le grésillement d’un charbon de bois en combustion. Ce fut l’occasion d’une longue conversation à la fois poétique et scientifique autour d’un phénomène concret de musique statistique à densité variable, l’initiation à tout un esprit, à des techniques également qui sont encore loin d’être assimilées aujourd’hui, car malheureusement on saisit toujours davantage l’apparence et la surface des choses, que leur essence.

H. G. – Qu’estimez-vous que la fréquentation de l’œuvre de Xenakis, dans sa multiplicité et sa diversité, ait pu vous apporter?

G.T. – Toute la musique qu’on entend transforme. Dans ce qu’on entend, il y a le sonore, mais il y a aussi ce qui est derrière le sonore, la démarche. C’est elle qui me stimule et m’interroge le plus ici. Car par tempérament je suis attiré par un matériau beaucoup plus harmonique (dans un sens large englobant Pythagore, Rameau, et Varèse…). S’il y a apport, échange, chocs, ils sont de ce fait à l’abri de la surface des choses. À un niveau plus sonore, j’aime la poésie qui se dégage des mouvements de masse, en une sorte de bouillonnement collectif, ainsi que l’aspect incantatoire de certaines œuvres.

H. G. – Qu’en est-il pour vous, aujourd’hui, de ses diverses compositions électro-acoustiques?

G.T. – En général, j’ai beaucoup d’admiration pour les œuvres où Xenakis utilise cette technique. Une œuvre comme Bohor, pour ne citer que celle-ci, marque en profondeur. Plus récemment Xenakis a travaillé à partir de dessins aux formes extraordinaires transformées en sons par l’ordinateur. Le jeu est fascinant. On pourrait théoriquement dessiner n’importe quelle forme, elle serait « traduite » automatiquement sur le plan sonore. Cependant le passage de l’espace au temps (musical) me semble extrêmement boiteux, source de confusion. Pour la bonne raison que dans le temps, l’espace ne se perçoit pas de cette manière.

Quand je vois une montagne, il ne me vient pas à l’esprit de la regarder comme à travers une pente de gauche à droite. Je la perçois globalement et de façon instantanée. La durée m’en dévoilera pour ainsi dire son existence rayonnante, comme à travers des influx successifs. De la même façon, une fleur, lue de gauche à droite donnera peut-être une curiosité sonore, mais elle sera complètement étrangère à la perception réelle que l’œil révélera, en un rayonnement par éclosion à partir du centre, rythmé par les intensités de ses couleurs et par sa forme. Là encore la perception est globale et instantanée, et c’est ainsi qu’elle entre dans la durée, et non pas à travers une lecture unidirectionnelle d’abscisses et d’ordonnées.

J’ai déjà fait part à Xenakis de cette critique. Il m’a répondu, très gentiment d’ailleurs, que je ne comprenais pas. Je pense quant à moi que la question demeure et qu’elle est suffisamment importante pour qu’on essaie de l’élucider. Le jeu proposé me paraît trop simple et partiel par rapport à la perception réelle qui me semble infiniment plus complexe et globale.

(Extraits de propos recueillis par Hugues Gerhards, décembre 1980)

En coll. Regards sur Iannis Xenakis, Paris, Stock Musique, 1981, p. 113-119.

Merci à Marie-Thérèse Lefebvre qui a rassemblé ces entrevues.


Recul, réflexion et discussions!

17 mai 2010

Après 54 concerts, 11 événements, la bande dessinée, les entrevues, la publication d’archives, l’hommage à l’Assemblée nationale, que manquait-il à cette année Gilles Tremblay?

Peut-être un espace de réflexion et de discussion, un portrait public plus philosophique ou historique du compositeur et de son oeuvre?

C’est précisément le but de la journée d’études autour de Gilles Tremblay organisée par la Société québécoise de recherche en musique. Musicologues et compositeurs aborderont divers sujets tels que le parcours de l’artiste, la place de la poésie et la spiritualité dans la musique de Tremblay. Le baryton Vincent Ranallo parlera de l’oeuvre vocale de Tremblay alors que Marie-Thérèse Lefebvre clôturera la journée avec une conférence sur la pensée du compositeur. L’événement ouvert à tous, gratuitement, sera présenté de manière conviviale, sous forme d’entretiens et de dialogues.

Rendez-vous mercredi 26 mai, de 13h à 18h, à la salle Serge-Garant (B-484) de la Faculté de musique de l’Université de Montréal.


Portrait de Tremblay sur Espace classique

11 mai 2010

Pour ceux qui ne l’on pas déjà vu, je vous rappelle qu’un  magnifique portrait de Gilles Tremblay est offert sur le site d’Espace classique. Dans ce reportage créé en avril 2002 par Jean-Paul Bataille, Gilles Tremblay nous parle du rôle de l’artiste, de sa musique et de la création aujourd’hui, le tout, accompagné de photos d’archives.

Quelques citations:

« Le rôle de l’artiste, c’est de lutter contre la banalisation à outrance »

« L’art est une des manifestations les plus significatives à notre époque »